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Wonderers

hkeegin2
Mar 9
7 min read

Updated: Mar 13


One evening, several months ago, my son Max and I were having dinner together.  His brother Leo wasn’t there, at a friend’s I guess.

 

 We had been talking about I don’t remember what, there was a moment of silence, and then, out of the blue, Max said:

 

“Wonderers like us eat slowly.”

 

Which is a very strange thing to say.

 

“Did you say, wonderers?”

 

“Mmm.”

 

“Huh...  What’s the difference between wondering and thinking?”

 

“Wondering is asking questions.  Thinking is finding solutions.”

 

(Max is 10.)

 

I say “I wonder” all the time. I mean, we all do probably. 

 

 “I wonder what movie we should watch tonight?” “I wonder if it will be sunny this weekend.” “I wonder if South Africa will beat France in the semis?”

 

But that night, because Max took it out of context and turned into a noun (a rare enough occurrence that when I google it I get 9 definitions for “wanderer” before, finally, at the Free Dictionary: Noun, 1. wonderer - someone who is curious about something. intellectual, intellect - a person who uses the mind creatively) I started to really consider:

 

Ok, what is it to wonder?

 

An essential part of wondering seems to be not needing an answer.  It’s not the same as asking.

 

When someone says, “What time does the ferry leave?” we google the ferry schedule. 

 

When that same someone says, “I wonder what time the ferry leaves?” we feel free to respond, “I don’t know” and imagine all the different things we could do in the meantime.

 

Wondering opens a space without an answer, a place of not-knowing.  Which is a very fertile place. When we start from a place of not-knowing, the possibilities are limitless – the masterful and very moving film Everything Everywhere All at Once plays with this same idea, putting into play the multitude of possible lives contained in one.

 

Inside wonder there is surprise, a sense of marvel.  An openness to the world, not having all the answers at the ready.  Thinking is a mental activity, the brain at work, but wondering engages the body. When we wonder we are both asking questions and opening to receive information, not necessarily answers, something broader.  We are perceiving.

 

If I sit very still and consider the word “wonder,” I feel an opening in my lungs, an excitement brewing.  Awe.

 

I love Max’s idea that we can be wonderers. 

 

I’m always having trouble when people say, like in an interview, “so tell me about yourself.”  I hate that question – I mean seriously, how do you answer that?  From now on I’m going to say, “Well, I’m a wonderer” and see what happens next.

 

Wonderers.

 

It is in fact a great word to describe what we do as therapists.  What we do in therapy.  Because at its most basic level, the therapeutic act is just that: To wonder.  About oneself.  To be a wonderment to oneself. 

 

The objective is not to provide answers, or explanations, or solutions, but to discover, to make visible, to observe, to understand a bit more about how we tick. And though we do look backwards to our past in the hopes of better understanding certain ingrained patterns, becoming more aware of how (do I feel, do I react, do I manage, do I play out habits), is ultimately more important than finding a definitive and tidy answer to why.

 

Those of you reading who consult with me know that I often give out little assignments between sessions — your “homework” some of you call it ;) — little experiments that are essentially invitations to wonder.  To wonder how standing in line at this pharmacy could be made better because right now I’m in such a foul mood that I think I just might throw down this box of Band-Aids and stomp off in a huff.  To wonder if giving the finger to that driver who just cut me off was strictly necessary. To wonder why, when my boss has a frown on her face, I always assume it’s because I’ve disappointed her in some way.

 

Homework with no right answer.

 

In our Google/AI equipped world, what status for wondering? 

 

When one of my kids asks a question, like:  How long does it take to fly to Mars?  I am immediately overcome by the itch to google it, to know, to be able to sit down comfortably on a correct answer and get on with my afternoon. 

 

But what if I don’t? 

 

Can I just wonder about it? Can I tolerate the feeling of not-knowing?  What happens if I don’t have all the answers?  Who am I when I don’t know?

 

Which brings me to these Wonderings.

 

For a while now I’ve been wanting to write regular articles about some of the topics that come up in my therapy practice: topics that are so transversal that they pique my curiosity.  I am not a neurologist, not a psychiatrist, not a research scientist: these articles are not intended to provide answers but to give voice to my wonderings in the hope that they spark yours. 

 

 

 

Il y a quelques mois mon fils Max et moi étions à table. Son frère Léo n’était pas là, chez un ami, j’imagine.

On était en train de discuter de je ne sais plus quoi, il y a eu un moment de silence, puis, Max a dit, à propos de rien du tout :

« Des ‘wonderers’ comme nous mangent lentement. »

Alors, ce mot, ‘wonderers’ pose un problème en français.  Parce qu’il n’y a pas d’équivalent.  Souvent traduit par « se demander », « to wonder » comprend aussi un élément d’émerveillement.  Quand on « wonder » on « se demande, » en même temps qu’on « s’émerveille. »  Les deux.  En même temps.  Dans un seul mot.  Du coup, dans cet article je vais garder le mot anglais, wonder, ce mot qui englobe à la fois la quête de savoir et l’ouverture à l’inconnu.

Repreonons donc :

Max a dit, à propos de rien du tout :

« Des ‘wonderers’ comme nous mangent lentement. »

Ce qui est une chose très étrange à dire.

« Des wonderers ? Tu as dit des wonderers ? »

« Ouais. »

« Mmm...  Quelle différence tu fais entre ‘wonder’ et penser ?»

« Wondering, c’est poser des questions. Penser, c’est trouver des solutions. »

(Max a 10 ans.)

Je dis « I wonder (je me demande) » tout le temps. Comme vous j’imagine.

« I wonder quel film on devrait regarder ce soir ? » « I wonder s’il fera beau ce weekend. » « I wonder si l’Afrique du Sud l’emportera sur la France en demi-finale ? »

Mais Max a sorti le mot de son contexte habituel, et l’a transformé en nom, une occurrence suffisamment rare que lorsque je fais une recherche sur internet je trouve 9 définitions de « wanderer (voyageur) » avant, enfin, sur The Free Dictionnary.com de trouver ceci : nom, 1. wonderer - quelqu’un de curieux à propos de quelque chose. intellectuel, intellect - une personne qui utilise son esprit de façon créative. Du coup je l’ai entendu différemment, et j’ai commencé à vraiment réfléchir à ce que c’est que de « wonder »

Inhérent à l’idée de « wondering » semble être l’absence de besoin d’une réponse. Ce n’est pas la même chose que de « se demander » ou de poser une question.

Quand quelqu’un demande : « À quelle heure part le ferry ? », on cherche les horaires du ferry en ligne.

Quand cette même personne dit : « I wonder à quelle heure part le ferry ? », on se sent libre de répondre : « Je ne sais pas » et d’imaginer tout ce qu’on pourrait faire en attendant le départ en question.

« Wondering » ouvre un espace sans réponse, un espace où l’on ne sait pas. Ce qui est un espace très fertile. Lorsque notre point de départ est un espace où l’on ne sait pas, les possibilités sont infinies – le film magistral et très émouvant « Everything Everywhere All at Once » joue avec cette même idée, mettant en scène la multitude de vies possibles contenues en une.

Quand on « wonder », il y a un élément de surprise, une sensation d’émerveillement. Une ouverture au monde.  On n’a pas toutes les réponses prêtes à être déployées. « Penser » est une activité mentale, l’esprit en action, mais quand on « wonder », le corps s’engage. Lorsqu’on « wonder », on pose des questions en même temps que l’on accueille des informations, pas forcément des réponses, quelque chose de plus large. Quelque chose qui relève de la perception et qui sollicite tout le corps.

Si je reste très immobile et que je considère le mot « wonder », je sens une ouverture dans mes poumons, une excitation qui monte. De l’émerveillement.

J’aime l’idée de Max que nous pouvons être des « wonderers ».

J’ai toujours du mal quand, comme dans un entretien d’embauche, par exemple, on me dit, « Alors, parlez-moi de vous. » Sérieusement, comment y répondre ? Par où commencer ? J’adore l’idée de répondre, « eh bien, je suis une ‘wonderer’ » et voir ce qui se passe ensuite.

Wonderers.

En effet, c’est un excellent mot pour décrire ce que nous faisons en thérapie. Parce qu’à la base, l’acte thérapeutique est justement cela : To wonder. Au sujet de soi-même. Être source d’émerveillement pour soi-même.

L’objectif n’est pas de fournir des réponses, des explications ou des solutions, mais de découvrir, de rendre visible, d’observer, de mieux comprendre comment l’on fonctionne. Et s’il est vrai que nous regardions souvent en arrière, dans notre passé, dans l’espoir de mieux comprendre certains schémas enracinés, le comment (je me sens, je réagis, je gère, je rejoue les mêmes habitudes) est tout aussi important que le pourquoi je me sens ainsi, voir plus important même.

Ceux qui me voient en consultation savent que je donne souvent de petites missions entre les séances – les « devoirs » comme certains d’entre vous les appellent ;) – de petites expériences qui sont essentiellement des invitations à un peu de « wondering ».

 

Des devoirs sans bonne réponse.

Dans notre monde équipé de Google et de l’IA, quel statut pour le « wonder » ?

Quand l’un de mes enfants pose une question, genre : « Il faut combien de temps pour aller à Mars ? », je suis immédiatement prise d’une envie irrépressible de googler « temps Mars fusée » pour connaître la réponse.  Je veux la sensation de confort que le savoir me provoque.

Et si je ne le fais pas ?

Puis-je simplement rester dans l’état de « wondering » ? Puis-je tolérer la sensation de ne pas savoir ? Combien de temps avant de craquer ? Que se passe-t-il si je n’ai pas toutes les réponses ? Qui suis-je lorsque je ne sais pas ?

C’est ce qui m’amène à ces articles que j’ai décidé d’intituler « Wonderings ».

Cela fait un moment que je souhaite écrire régulièrement sur certains sujets qui émergent dans ma pratique de thérapeute : des sujets si transversaux qu’ils éveillent ma curiosité. Je ne suis ni neurologue, ni psychiatre, ni chercheur : ces articles ne visent pas à donner des réponses, mais simplement à donner une voix à mes « wonderings » dans l’espoir qu’elles suscitent les vôtres.


 

 
 
 

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