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Memento Mori

hkeegin2
Mar 9
6 min read


On New Year’s day I was the first one awake.

I’d thought I’d heard someone downstairs. Since I wanted to be a good guest I stayed in bed for a bit and when I figured whoever it was had had enough time to wake up in peace I went down. But there was no one there. Maybe I had heard the cat.

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Memento Mori: a central concept of Stoicism. In remembering death we remember to live.

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I love this photograph because it feels exactly like what it felt like that morning in the kitchen.

That never happens. My son Leo is always frustrated by the pictures he takes because “it doesn’t look like what it feels like.”

But not this time.

I hear this photo, the dense silence of that morning room. I feel the anticipation of something about to happen.

It’s like a movie, like if you could just find the right button, the tape would rewind, the confetti would float up into the air, the candles would bloom flames, a disembodied arm would set down the bottle of champagne and the ecstatic cries of children up past midnight would well up from off-screen.

And then if you pressed fast-forward you’d see a bunch of blurry figures moving through, coming and going with coffee and orange juice and eggs and toast.

When I look at this picture it’s like I’ve put my finger on the exact place on the mobius strip where the underneath becomes the on top.

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January is named for the Roman god Janus who symbolized endings and beginnings, portals and doorways. We all learned that in school but sometimes I forget it in my daily business. Opening envelopes, making shopping lists: toilet paper, laundry detergent, sponges, milk.

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In the 16th Century Memento Mori came to influence an artistic movement, a genre of still life painting with a host of symbolic references to the passage of time: skulls, hourglasses, extinguished candles, empty bottles and glasses, fading flowers, sometimes bubbles.

In the 21st Century we don’t contemplate death to live a fuller life, we make New Year’s resolutions. Then we fail to keep them and feel worse than before.

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Within an hour the confetti will be swept into the bin and the bottles of champagne and sparkling cider will be rounded up and marched to the recycling container down the street.

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I would rather contemplate death than contemplate a New Year’s resolution.

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Later that afternoon on our way home we saw a car. It hadn’t been there the day before.

The car was lying on its side, wheels in the air, on the other side of a steel barrier and a row of tall bushes. It was a matte black colour, I wondered if it had burned, but maybe it was just one of those matte black cars that a lot of people seem to be driving these days. “Mom, look, look !” said Max and I said that I couldn’t look because I was driving and if I looked we risked ending up like that car. But Max craned his neck around until the car was out of sight. “I hope no one was sitting in the passenger seat,” he said from the passenger seat.

We were both quiet after that.

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Machines can’t understand memento mori, they can’t know how things can suddenly shine brighter in times of great duress, how a kind word from the student cashier at the corner deli can mean the world when you are in the depths of despair, how a near-miss with cancer can jolt you so much you change your life.

A machine can’t know what a photograph feels like.

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When I was little my auntie made up a game that I made her play with me every time.

It was called, “Can I come through?”

She would sit on the sofa and I would have to go across the room and say, “Auntie, can I come through?” and she would say “You can come through, but something may happen!” and then I would walk toward her with a fair amount of trepidation, who am I kidding, terror, the marvelous terror of a child that knows that she is loved, and my heart would beat faster and faster the closer I got and then she would tickle me and I would scream with joy and say:

“Again!”

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Le jour de l’an j’étais la première à descendre. J’avais cru entendre quelqu’un en bas. Je voulais être une bonne invitée alors je suis restée au lit un peu, le temps que la personne en bas puisse se réveiller en paix, puis je suis descendue. Mais la cuisine était déserte. J’avais peut-être entendu le chat.

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Memento Mori : idée centrale de la philosophie Stoïque, en se rappelant qu’on va mourir, on se rappelle de vivre.

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J’adore cette photo parce qu’elle traduit exactement ce que je ressentais ce matin-là, seule dans la cuisine.

Ça n’arrive jamais. Mon fils Léo est toujours déçu par les photos qu’il prend parce que « ça ne ressemble pas à ce que je ressens. »

Mais pas cette-fois ci.

J’entends cette photo, son silence dense. J’y sens l’anticipation de quelque chose sur le point se faire.

Elle est comme un film, comme si, si tu pouvais seulement trouver le bon bouton, la bande se rembobinerait, les confettis remonteraient en l’air, les bougies feraient pousser des flammes, un bras désincarné poserait la bouteille de champagne juste là, sur la table, et les cris extatiques de trois enfants encore debout à minuit s’retentiraient hors champ.

Et puis, si tu appuyais sur avance rapide, tu verrais la lumière s’allumer et des figures floues faire des aller retours avec des assiettes et des verres, du café et du jus d’orange, des œufs et des tartines.

Quand je regarde cette photo j’ai l’impression d’avoir mis mon doigt sur l’endroit exact d’une bande de Mobius où le dessous devient le dessus.

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Janvier s’appelle janvier à cause du dieux romain Janus qui symbolisait les fins et les débuts, les portes et les portails. Nous l’avons tous appris à l’école mais parfois je l’oublie, occupée comme je suis par mes petites entreprises quotidiennes. Les enveloppes à ouvrir, les listes de courses à faire : papier toilette, lessive, éponges, lait.

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Au 16e siècle l’idée du memento mori a influencé tout un mouvement artistique, un genre de nature morte bourré de références au passage de temps : cranes, sabliers, bougies éteintes, bouteilles vides, fleurs fanées, des bulles.

Au 21e siècle on ne contemple plus la mort pour mieux vivre sa vie, on fait des résolutions de Nouvel An. Ensuite on les laisse tomber et on se sent pire qu’avant.

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Dans une heure les confetti auront été balayés et les bouteilles de champagne et d’Apibul auront été livrés aux conteneurs dans la rue d’à côté.

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Pour ma part je préfère contempler la mort que de contempler une résolution du nouvel an.

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Plus tard dans l’après-midi, sur le chemin de retour, nous avons vu une voiture. Elle n’avait pas été là la veille.

La voiture était couchée sur le côté, les roues en l’air, ayant roulé par-dessus une barrière en acier et une bordure d’aubépine. Elle était noire matte. Je me suis demandée si elle avait brûlé ou si c’était juste une de ces voitures noire matte que je vois de plus en plus sur la route. « Maman, regarde ! Regarde ! » a dit Max et je lui ai dit que je ne pouvais pas regarder parce que je conduisais et que si je regardais on risquerait de finir comme cette voiture. Mais Max a suivi la voiture de ses yeux jusqu’à ce qu’elle disparaisse. « J’espère qu’il n’y avait personne côté passager, » il a dit.

Après ça nous n’avons plus parlé pendant un temps.

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Les machines ne peuvent pas comprendre memento mori, elles ne savent pas comment les choses peuvent briller plus fort dans des moments de grande difficulté, comment un mot gentil de l’étudiant à la caisse de Carrefour City peut te faire revivre quand tu es au plus profond de ton désespoir, comment apprendre que finalement ce n’est pas un cancer peut te secouer si fortement que tu changes ta vie.

Une machine ne peut pas savoir ce qu’on ressent devant une photo.

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Quand j’étais petite, mon Auntie a inventé un jeu.

Ça s’appelait, « Puis-je passer » ?

Elle s’asseyait sur le canapé et je me mettais de l’autre côté de la pièce et je disais, « Auntie, puis-je passer ? » et elle disait, « Tu peux passer, mais quelque chose pourrait t’arriver ! » et puis je marchais vers elle très lentement, avec une certaine trépidation, enfin, soyons honnête, avec terreur, la bonne terreur d’un enfant qui se sait aimé, et mon cœur battait de plus en plus vite, jusqu’à ce qu’elle m’attrape et qu’elle me fasse des guili-guilis et que je hurle de joie et que je dise :

« Encore ! »

 
 
 

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